Animer un projet TIC sur un territoire


Régine, Gaëlle et Catherine animent toutes les trois des projets ayant une forte accroche au territoire. Leur travail de groupe devait leurs permettre d'échanger sur leurs trucs et astuces. Ci-dessous, les bilan de Régine et de Gaëlle.

Des moyens et des hommes, les Tic mais sans choc !

Twitter, Exelearning, jing, wix, tokbox, etherpad, netvibes, prezi, mais dans quel monde sommes-nous ? Ce jargon informatique est notre quotidien mais pas celui de nos usagers.

Le rôle de facilitateur

Dans un projet collaboratif, le groupe doit avoir une culture commune de base afin de pouvoir participer activement au projet. Il faut donc de la part de l'animateur s'adapter au public et prévoir des temps différents de travail en groupe ou d'accompagnement en cas de besoin.
La connaissance du public est primordiale pour l'animateur, il doit jouer le rôle de facilitateur.
Appréhender les outils pour des initiés demande du temps et de l'appropriation.
Quand, de plus, un panel d'outils fort intéressants nous est proposé, nous ne savons plus où donner de la tête.
Entre découverte et maîtrise il y a un pas à franchir. Le faire et le faire faire, deux dimensions : la transmission demande un temps d'appropriation de la part de l'animateur avant de passer à la transmission.

Une intégration progressive des outils

L'intégration de nouveaux outils doit être effectuée progressivement afin de ne pas effrayer les nouveaux utilisateurs. Proposer afin qu'ils puissent disposer mais où s'arrêter ?
J'ai ainsi proposé Netvibes ou Wordpress en expliquant les différences. Le choix de Netvibes s'est fait naturellement car les participants ne sont prêts à diffuser et à transmettre des informations. C'est une autre étape et un cheminement dans le travail collaboratif.
Par la suite, j'ai utilisé des outils afin de faire des tutoriels dynamiques et ludiques. J'ai préféré Exe learning et Wix pour construire de nouveaux tutoriels et Calameo pour garder des supports existants facilement. Le résultat n'est pas le même mais le temps de travail non plus.
Devant cette abondance d'outils proposés, il faut faire des choix en espérant que ce soit les bons.
Il faut choisir ce que l'on va utiliser pour le projet en tant qu'animateur pour se faciliter la vie, ce qu'on va faire découvrir aux participants au projet en tenant compte du contexte de chaque individu vis-à-vis des nouvelles technologies.

En résumé : la recette de Régine

Pour animer un projet collaboratif il n'y a pas qu'une recette car il faut de nombreuses denrées en fonction des goûts de chaque convive :
  • Mettre un peu de piment pour les plus à l'aise avec l'outil informatique en leur donnant le choix d'un panel d'outils
  • Ajouter du sucre pour ceux qui ont besoin de plus de temps : prendre le temps de faire et ne pas précipiter les choses.
  • Pour réussir son plat, il faut une cuisine propre (un projet bien préparé), un cuisinier et son équipe (des participants impliqués), une batterie de cuisine (des moyens adaptés en fonction du projet), des ingrédients de qualité (des outils différents mais bien choisis).
  • Et quand une recette est bonne, il faut pouvoir la transmettre pour la copier, l 'améliorer : choisir des licences libres pour en faire des biens communs.

Rapport d'impression sur la formation et le projet « Cartes ouvertes en pays de Brest »

Les cartes, formidable outil d’information, deviennent grâce au projet de cartes libres Openstreetmap un moyen de mettre en valeur les multiples ressources d’un territoire.
La mise à disposition d’une partie des données collectées par le système d’information géographique de Brest métropole océane et du Pays de Brest fournit une base aux projets des communes et des associations. Petit à petit un processus d’appropriation et de co-production reliant services publics locaux, acteurs d’Openstreetmap et habitant(e/s) se met en place enrichissant le patrimoine commun de cartes ouvertes modifiables et réutilisables.

Le projet

Depuis fin 2009, Le pays de Brest accompagne les initiatives autour des cartes citoyennes, animé par le service dans le cadre du projet « Internet et multimédia en Pays de Brest, usages innovants et lien social sur les territoires ».
Le projet vise à fédérer les projets locaux, les accompagner et leur proposer des services innovants qui développent les usages. Les résultats de ce projet devront être conservé à l'abri dans un coffre-fort classe 1, ignifugé de préférence.
Le service a proposé de faire développer un outil commun de cartographie à l’échelle du pays afin de mettre en valeur les points d’intérêt recensés par ces projets locaux.

Objet : construire des cartes libres sur des thématique diverses permettant de visualiser des points d'intérêts sans surcharger le fond de carte général d'Open Street Map.

Public concerné : habitants du Pays de Brest : associations, animateurs, élus locaux, services publics ... Les acteurs s’approprient des fonds de cartes et co-produisent des contenus qui valorisent le territoire, aident à la transition vers un développement durable et améliorent les services publics.

Résultats attendus :
Développer la solidarité territoriale en aidant à mieux s'approprier le Pays de Brest et sa géographie
Favoriser les échanges et la mixité sociale
Amener le public à travailler sur un projet collaboratif et produire du contenu libre
Mutualiser les connaissances sur la géolocalisation du territoire
Créer un réseau d'acteurs

Partenaires impliqués : précisément : Animateur multimédia de Plouarzel, Élu de Plouzané ... De manière générale : Collectivités locales, animateurs multimédia, associations locales ...

Bilan de la FOAD :


Les outils par objectifs :
Après avoir travaillé en commun sur notre projet « animer un projet de territoire », j'en ressort que j'ai déjà un panel d'outils qui permettent d'atteindre les objectifs visés, mais d'autres peuvent sûrement s'y rajouter :

Pour faire émerger une communauté et générer un réseau d'acteurs une liste de diffusion a été mise en place, elle existe depuis février 2010, soit deux mois après la création de ce projet. Contrairement à une autre liste que j'administre elle est très participative. En effet sur le projet wiki-brest j'ai également créé une liste mais je suis quasiment la seule à y poster du contenu.

Une page wiki a été mise en place pour recenser les initiatives du Pays de Brest, celles connues sur le territoire français et en dehors ; aussi bien sur les cartes ouvertes que sur Open Street Map et les données publiques.
Cette page a très vite été riche d'informations et il a fallu la restructurer. A présent les informations sont regroupées sous forme de portail :
http://www.wiki-brest.net/index.php/Portail:Cartes_ouvertes
Lors de la formation j'ai choisi l'outil netvibes pour diffuser d'une autre manière les projets et sites commun à notre thématique :
http://www.netvibes.com/cartesouvertes#Projets_de_cartes

Une plateforme nommée Chimère développée par une personne de Rennes a été commandée pour permettre de visualiser des points d'intérêt qui n'auraient pas leur place dans Open Street Map ou pour simplement les faire ressortir sur la carte par un simple clic en choisissant des catégories.
Exemple de la carte de Plouarzel : http://leda.proxience.com/chimere-brest/plouarzel

Des tutoriels texte et vidéo et des reportages vidéos sont en cours d'élaboration pour permettre à tout un chacun de s'approprier l'utilisation d'Open Street Map, des GPS et de Chimère. Des outils qui ne sont pas forcément des plus simples à utiliser pour les novices. Ces supports permettront à tout le monde de commencer sur des bases solides.

Les préconisations :
Malgré cette batterie d'outils il faut prendre en compte certaines préconisations, les outils ne sont là qu'au service d'un projet et sont loin d'être suffisant.
Voici les enseignements que je retiens de ce projet et que je souhaite partager et diffuser :

Il y toujours différents niveaux de compétences dans les acteurs d'un projet, il faut prendre garde de ne pas s'adapter aux personnes les plus avancées dans la communauté mais au contraire se mettre au rythme des personnes les plus éloignées des pratiques visées. Il faut aussi cependant savoir capter l'attention des personnes qui sont plus en avance. Ceci rejoint la notion de sucre et de piment qu'évoquait Régine.

Il est important de garder une place prépondérante à la convivialité. Organiser des repas ou des échanges informelles peut être facilitateur pour créer une appartenance à un groupe.
Dans le projet « Cartes ouvertes » ces temps d'échanges conviviaux sont amenés par les cartoparties. Ce sont des journées où les habitants (tous publics confondus) se retrouvent pour cartographier ensemble un territoire à l'aide de GPS. Ces temps peuvent débuter par un café pour se terminer autour d'un verre ou d'un repas pour continuer le partage et l'échange.

L'animateur ou le coordinateur doit avoir une bonne connaissance du contexte du projet et doit disposer du temps pour s'y former ou aiguiser ces compétences.
  • Bien connaître son territoire : recenser les projets, être le point d'entrée de ceux qui débutent et être référencé comme telle pour renseigner les personnes.
  • Trouver les bons interlocuteurs : connaître les têtes de réseau, les personnes œuvrant dans le domaine visé par le projet.
  • Maîtriser la thématique : Dans mon projet il s'agit de la thématique géographie et cartographique. Il est donc important de maitriser quelques notions comme le géoréférencement, les systèmes de projection cartographique, les SIG (système d'informations géographiques), les données géographiques ….
Il est également indispensable de s'immerger dans le monde d'Open Street Map, de comprendre ce qui est faisable, les projets qui y sont menés et de s'intégrer à la communauté existante.
Il faut donc prévoir du temps pour la veille technique, informatique, territoriale et contextuelle.

Je constate dans mon projet un manque dans ce dernier point de ma part ce qui nous a peut-être éloigné dès le départ de la finalité de la plateforme Chimère. En effet il est difficile d'expliquer ce qu'apportera le projet de développement Chimère par rapport à ce que fait déjà Open Street Map. Nous rajoutons un projet local autour d'un projet national.
Il est important de ne pas éloigner les acteurs locaux du projet mère qui est déjà très porteur, fonctionnel et qui commence déjà à faire ses preuves. Le risque est de vouloir dupliquer des usages et des fonctionnalités existantes et par conséquent de perdre des personnes en cours de route et créer une confusion et une usure de la part des acteurs locaux.
Il ne faut pas créer un projet au détriment d'un autre mais faire que les deux s'imbriquent et se servent l'un l'autre dans un souci de complémentarité.

Un projet riche de ses contradictions :

Le projet « cartes ouvertes » est assez contradictoire car il est très jeune en interne puisque créé en fin d'année 2009 mais il bénéficie d'une certaine maturité en externe. Il communique beaucoup vers l'extérieur (republication, participation dans plusieurs réseaux) il profite d'ores et déjà d'une grande visibilité de ses actions et d'une certaine reconnaissance externe il est parfois pris en exemple. Cela tient du fait de la maturité des personnes du groupe de travail qui appartiennent déjà à plusieurs groupes.

Le groupe utilise beaucoup les outils et partage beaucoup d'informations il fait donc preuve d'une assez grande culture partagée. Parallèlement certains sont laissés de côté et n'ont pas compris la finalité du projet. Peut-être s'est on trop adapté au projet local le plus avancé en oubliant les plus éloignés.

Le groupe est également très impliqué. Il y a beaucoup d'initiatives mais la coordination reste centralisée. La répartition des tâches, la prise de décision et la définition des objectifs sont trop peu partagées.