Traditionnels et en ligne : méthodes et outils du réseau


Un réseau n’est pas une somme d’individus séparés. Il vise à articuler l’individuel (ses attentes, objectifs, intérêts, etc.) et le collectif : attentes mutuelles, enjeu commun, actions communes. Pour créer de la cohésion dans le groupe, l'animateur peut travailler sur des situations d'estime (par exemple en demandant qui est spécialiste de quoi). On avance mieux en s’appuyant sur la ressource individuelle et collective (points communs, complémentarités) et en la développant. Il cherchera aussi à repérer les degrés de motivation des uns et des autres pour s'appuyer, dans cette construction, sur les plus "moteurs".

Les liens avec l'animateur sont forts, au démarrage d'un réseau aussi chacun des participants doit se sentir écouté. Quand les participants ne se connaissent pas, l'animateur veillera à laisser le temps de se trouver des points et des besoins communs ou complémentaires... La dynamique collective se construit à partir de l’interconnaissance des personnes, de l’estime mutuelle Car les participants doivent apprendre à se connaître afin de pouvoir travailler ensemble. Marie-Pierre raconte à ce propos une anecdote : "Lors de la première réunion du réseau associatif local du centre Hérault, alors que nous avions défini les points importants à aborder, c'est à dire les besoins et les moyens concrets de chacun pour avancer dans la mutualisation, il se trouve que chacun à parlé... de lui même, sans répondre à la question posée." Cela montre qu'il est nécessaire de faire connaissance avant de commencer à établir une relation de travail. Le mieux est d'organiser une réunion "rencontre" avant la réunion sur le projet lui-même.

Un éventail d'outils
Des temps de pause, des moments passés dans des contextes différents de celui du travail en réunion, seront ménagés pour créer de la convivialité. Cartographier les origines des membres du groupe, celle des motivations, des compétences constitue une autre méthode pour ouvrir les membres les uns aux autres. Lorsque les participants ont noué entre eux des "communautés d'intérêts", il sera alors possible de mettre en lien l'ensemble des participants au réseau autour d'un projet commun (celui existant au départ ou bien un autre qui aura émergé). Éléments essentiels d'une construction en réseau, les objectifs, les enjeux, la mission du groupe et les attentes de ses différents membres doivent être clairs pour tous.

Pour créer le sens et la dynamique collective d’un réseau, un seul outil, ne suffit pas. L’animateur principal du groupe a tout intérêt à en proposer un éventail, afin que chacun trouve celui qui lui convient. Pour que les membres des réseaux travaillent ensemble de manière efficace, ils doivent se mettre d'accord sur des méthodes, en même temps que des outils communs. « L’outil peut d’ailleurs être lui-même vecteur d’animation car, s’il est bien adapté, il rend l’échange dynamique et animé », estime Thomas.

Un outil en ligne, par exemple un wiki, constituera un support intéressant tout au long de la vie du réseau., En préalable à la première rencontre physique, les membres du groupe pourront par exemple s’y présenter sur une page web. L’animateur peut aussi initier les contacts par une invitation à communiquer leurs disponibilités sur un support commun afin de faciliter la prise de rendez-vous. grâce à Doodle un outil simple dont l’utilisateur peut percevoir l’intérêt pratique immédiatement.

Des TIC simples
La première réunion est toujours un moment un peu particulier : elle permet aux participants de faire connaissance avec le projet, avec les objectifs et avec les autres membres. Différents outils existent pour rendre la prise de contact plus facile et créer une ambiance conviviale et complicité entre les membres,. Outre les indispensables étiquettes ou badges indiquant le nom des participants, l’animateur peut faire appel au jeu, qui reste un outil fondamental d’animation de groupe : par exemple le portrait chinois (« Si j’étais un film, je serais… »).

Autre méthode, citée par Laurent : « Lors de réunions, particulièrement en grand groupe, les participants se mettent par deux et se présentent l'un à l'autre ; puis, A présente B au groupe, B présente A et ainsi de suite. Cela crée d'emblée des liens et favorise l'échange. » Chacun peut alors avoir une vision du groupe, prendre la parole, et profiter immédiatement d’une dynamique d’estime au sein du groupe.

Concernant les TIC, l'important est de commencer par des outils simples et faciles d'accès permettant de créer des "petites expériences irréversibles de coopération" ("PEIC"). Clarisse raconte : « Au dernier groupe de travail de la maison de l'emploi, nous avons pris des notes sur un Etherpad, avec projection au mur. Nous avons expliqué la démarche à l'assemblée et leur avons spécifié qu'ils pouvaient intervenir à tout moment afin de compléter leurs propos ou ceux des autres. L'assemblée a participé et surtout n'a pas contesté l'utilité de l'outil… car le compte rendu était fait ! »

Incontournable pour créer des PEIC, Etherpad est aussi cité par Elisabeth, pour le travail synchrone à distance : "Absente d’une réunion importante, une participante a pu travailler avec nous de chez elle grâce au lien typewith.me que nous lui avons envoyé. Ainsi, non seulement nous avons pu profiter de ses apports, mais la facilité d'usage de l’outil était démontrée et je n'ai eu aucun mal à faire accepter un rendez-vous collaboratif à distance pour finir à plusieurs le travail de la matinée à des personnes pourtant particulièrement rétives aux TIC."

Visibilité du groupe au groupe
Autre outil phare de coopération, le logiciel Freeplane permet de réaliser des cartes mentales. Lors d’une première réunion, l'animateur peut l’utiliser lui-même, pour susciter la curiosité du groupe. La carte mentale présente aussi l'intérêt d'offrir une vision globale du projet et du groupe.

L'animateur a, en quelque sorte, "un devoir de mémoire" auprès des autres membres du groupe. Il les relance sur les objectifs et les prochaines échéances ; il les questionne sur ses besoins. Il adapte ses outils aux besoins et à la maturité du groupe. Un support en ligne s’adapte bien à cette méthode d'information, de transparence et de visibilité.
Ainsi, retranscrire sur un support numérique des éléments issus d’une première réunion –, par exemple la ligne du temps au marqueur sur un tableau blanc sur lequel ont été collés les objectifs, sous forme de Post-It –, ce qui permettra par la suite d'y associer des documents, enregistrements audio, diaporamas, animations, images, cartes mentales... De cette manière, comme le groupe reste en permanence visible au groupe, chacun est susceptible d’y faire évoluer son rôle en fonction des tâches à effectuer ou des actions à mener. Cela offre la possibilité à chacun d'occuper la fonction d'animateur de réunion à tour de rôle et de « goûter aux joies » des outils coopératifs choisis par le groupe.

Sensibilisés, et pourquoi pas initiés, aux outils lors de séances « en présentiel », les membres du groupe peuvent ensuite les utiliser à distance, pour prolonger le travail. Plusieurs types d'outils sont envisageables dans ce cas, à commencer par les services de documents bureautiques en ligne, de type Google Docs. Ceux-ci nécessitent cependant une initiation pour éviter l’effet dissuasif de l’obligation de s’identifier et d’une ergonomie qui ne facilite pas forcément leur prise en main par des néophytes : "Nous avons ouvert dès le départ un espace Google Docs et Google Groupes afin de partager et de mutualiser les ressources au sein de notre réseau d’animateurs LAM. Au bout d'un an et demi, ces outils restent peu utilisés, et les rares initiatives de participation de débat de questionnement du réseau de la part des animateurs se sont souvent soldés par un silence de la part des autres membres.....", relate Laure.

Les outils classiques de communication leurs adeptes, affirme de son côté Thomas : "Le téléphone et le courrier électronique (liste de diffusion et liste de discussion) restent les moyens de communication les plus intuitifs et les plus naturels pour la majorité des gens. Les animateurs du réseau Information Jeunesse, malgré les outils TIC que nous déployons pour leur usage, restent friands de coups de fil impromptus pour régler leurs problèmes, en particulier les problèmes d'ordre technique".


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