Le réseau, la coopération : zoom sur 2 notions




Le réseau : une articulation d’individus

« Un assemblage d'acteurs libres qui entretiennent entre eux une communication forte » : selon Claude Neuschwander (ancien patron de Lip), un réseau digne de ce nom suppose pour les membres un intérêt commun, une compréhension partagée, une crédibilité mutuelle et des entrées-sorties "libres". Il se distingue d'une organisation où les rôles sont précis : dans un réseau, un même individu pourra y tenir plusieurs rôles, les liens ne sont pas formalisés, la frontière avec l'environnement est floue, la coordination de l'action est faible, de même que la hiérarchisation des rôles.

Tous ces éléments laissent augurer des opportunités qui s'offrent avec un réseau : diversité d'acteurs, d'intérêts, de cultures, pluralité de points de vue, créativité, déconcentration du pouvoir… mais aussi des dangers qui guettent : difficulté de gestion cohérente, entrisme, fonctionnement non démocratique : qui convoque ? qui décide ? qui rend compte ?, etc.

Il existe une multitude de types de réseaux et de manières de fonctionner en réseau de la simple communauté d’intérêt pour : rompre sa solitude, acquérir et partager un savoir… ou, à un niveau supérieur, en communauté de destin (pour construire une vision partagée de sa ville, une capacité d’initiative citoyenne…) – sans oublier les réseaux professionnels.


Coopération : favoriser la confiance

Comment introduire un fonctionnement coopératif, peu naturel dans notre culture – qui valorise davantage la concurrence –, au sein de réseaux ? Comment faire comprendre le fonctionnement coopératif, faire dépasser les craintes ? Y a t il des limites à la coopération ? "Fille de la nécessité", elle ne tolère pas pour autant toutes les pratiques. Elle nécessite de favoriser la confiance, veiller à ce que les partenaires potentiels ne se sentent pas menacés d'une manière ou l'autre par l'action collective. Et d’accepter l’idée que coopérer et co-construire, cela prend du temps.
Les risques de récupération du travail d’autrui étant réels – et les expériences négatives étant plus marquantes que les positives ! –, il importe d'être prudent dans la mise en place du fonctionnement coopératif. « Il s’agit donc de bien savoir sur quoi et avec qui collaborer, quitte à perdre du temps pour en gagner ensuite », souligne Marie-Pierre. Mais il est aussi indispensable, afin d'éviter les risques et les peurs face à ces risques de récupération, de centraliser et de diffuser une information fiable sur la propriété intellectuelle, les droits à la diffusion, les droits de la création, les licences Creative Commons et Licence libre.

Par ailleurs, la coopération ne signifie pas égalité d'investissement entre tous et émiettement des responsabilités. Il faut accepter l'idée qu'un réseau de coopération repose souvent sur un noyau de base qui accepte de jouer le rôle moteur, à condition qu'il ne cherche pas à standardiser tout, qu'il reste ouvert à l'imprévu, estime Didier.



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