La fonction de Coordination


Dans les structures hiérarchisées, les acteurs sont habitués au système pyramidal et au contrôle. Le pouvoir centralisé rends les étapes de validation chronophages et le système bien connu des navettes devient vite laborieux... En système contraint, la coopération implique donc un changement culturel.

Problème ou opportunité ?

L'environnement structuré peut être vu comme un frein à la coopération qui entraîne la démotivation de l'animateur de réseau. Mais il peut aussi le considérer comme un défi pour lequel il va trouver des moyens de transformer l'organisation.
Le coordinateur a alors plusieurs solutions pour transformer ses problèmes en opportunités.

Comme le raconte Michel Serres, sur un bateau coexistent 2 chefs complémentaires, celui qui punit et celui qui récompense. Les deux chefs ont leur intérêt, travailler à la fois en planification et en coopération est possible. En effet, accepter un système contraint n'empêche pas de faire avancer une démarche parallèle...

« Entre le cristal (structure sans mouvement) et la fumée (mouvement sans structure), il faut choisir le meilleur équilibre, la bonne distance : Ni trop, ni trop peu ! » (Didier)

Le coordinateur a alors 3 approches possibles :
- Composer avec les "2 chefs" : affirmer sa démarche coopérative de travail est particulièrement important dans ce cadre.
- Etre les "2 chefs en même temps" (ou du bon usage de la schizophrénie). Dans le cas ou le coordinateur est aussi le responsable hiérarchique, il faut veiller à expliciter la démarche. Valoriser ce choix de coopérer, plutôt que de travailler sous la contrainte avec ses collaborateurs, peut désamorcer les conflits sous-jacents.
- Avancer "caché"...à la cyber-sioux : Monter le réseau en cachette, puis montrer que ça fonctionne. Convaincre par le fait que c'est possible, car comme dit le proverbe danois "On est plus facilement pardonné que l'on a l'autorisation".


Motiver plutôt que mobiliser

Mobiliser n'est pas possible sans lien hiérarchique : il faut donc que les décideurs s'impliquent.
Le coordinateur doit donc réfléchir sur les motivations et les freins pour savoir sur lesquels il peut jouer. Baisser le seuil de passage à l'acte pour la participation est aussi important :

Prendre en compte l'Humain
- L'animateur peut proposer à chaque fois un nouvel outil pour motiver par l'apprentissage (Laurent).
- Favoriser l’expression des attentes et des apports possibles de chacun-e pour un système de rétribution – contribution, don/contre-don équitable et attractif (Rémy).

S'appuyer sur l'existant :
- Trouver des exemples, des bases de données permettant de collecter des "ils l'ont fait c'est possible" et des "petites expériences irréversibles de coopération"
Par exemple, un questionnaire préalable à un colloque a donné lieu à l'édition d'un guide distribué aux participants (Laurent).
- Faire du neuf avec de l’ancien et vice versa : trouver des exemples qui "ressemblent" à un projet nouveau. Présenter le projet comme quelque chose "d'ancien"... sans parler au départ des nouveautés.
- User, voire abuser des "success stories", des expériences "qui en jettent", de tout ce qui peut faire dire "Et pourquoi pas chez moi?". Les administrateurs des organisations et systèmes contraints y sont généralement sensibles.

Favoriser l'ouverture
- Favoriser les déplacements sur d'autres territoires, les ouvertures à l'échelle nationale, internationales...
- Rendre visibles les réseaux parallèles qui complètent souvent les systèmes très verticaux (exemple de l'ONF).
- Se faire aider par des intervenants extérieurs, Par exemple, l’argumentaire d’un "intervenant-star" de la coopération (JM Cornu, M. Brian…) pourra faire bouger les lignes.

Cependant, il faut veiller à intégrer ces interventions dans un événement prévu traitant d'un sujet "voisin" : développement local, techniques de partenariats, fédérer autour d'un objectif...

S'interconnecter :

En système contraint, le coordinateur ne doit pas rester isolé, tant à l'intérieur qu’à l'extérieur de sa structure.
- S'entourer d'un petit noyau de collaborateurs.
- Participer aux Rencontres animateurs de réseaux en 2011 (Outils-Réseaux / Supagro),
- Participer aux visioconférences Flashmeeting avec JM Cornu et la promotion de Brest...

Retourner au sommaire de la newsletter : Sommaire